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C'est doux dèh!

Testés et approuvés – 6 actes certifiés racistes

Tu t’es fait·e traiter de « raciste » et tu ne comprends toujours pas pourquoi? Alors que tu fais de la Kizomba, tu connais le répertoire de Ray Charles par coeur, tu as adoré ton séjour à Fort-de-France et tu détestes le Front National? Tu sais que ton ami·e noir·e n’est pas une caution mais dire de toi que tu es raciste c’est comme t’assimiler à tonton Jeannot (Marie Le Pen) ou pire, te rendre responsable de la défaite d’Houcine à la Star Académy 2?

Règle n°1 en matière de racisme: ce n’est pas toujours l’intention mais l’acte en lui-même qui compte. Tu peux donc très bien poser un acte raciste sans te considérer comme raciste. Pire: tu peux même être raciste et ne pas en être conscient :O!

Attention, ici, ce n’est que le B-A-B-A du B-A-B-A.

1. Se « déguiser » en noir.

Être noir·e n’est pas un déguisement. Il y a encore des contrées pourtant découvertes depuis (suivez mon regard) où c’est un motif valable et suffisant pour se prendre une balle juste en allant chopper de la crème fraîche en bas de chez soi. Au Etats-Unis, se peinturlurer le visage et/ou le corps en noir porte un nom: le « blackface ». C’est une pratique raciste utilisée dans le temps pour dénigrer les noir·e·s en accentuant certains traits (grosse lèvres rouges, etc.) et ainsi les déshumaniser. Et ce n’est pas parce qu’en France, la présence historique des noir·e·s a souvent été marginalisée ou parce que l’esclavage a été pratiqué sur des bouts de terre à milles lieux de la « Métropole », hors de la vue de la populace qu’on y a échappé comme l’illustre « Tintin au Congo ».

De toute façon, si tu as besoin de te foutre de la peinture sur le visage pour qu’on comprenne que tu t’es déguisé·e en Tina Turner, James Brown ou Solange Knowles, ça sent le plan foireux. Change d’idée… Exception faite pour Michael Jackson peut-être! La rappeuse afro-américaine Brianna Perry, se prend par exemple sérieusement pour Marilyn Monroe dans un de ses clips. Bon, chacun est libre d’apprécier la ressemblance mais toujours est-il qu’à aucun moment, elle ne se grime pour coller au personnage! Comme quoi, c’est possible!

P.s: se déguiser en natif américain, en Geisha ou en mariée indienne pour mardi gras n’est pas cautionnable non plus. Les cultures ne sont pas des amusements. Passe le mot à ton marchand de déguisements.

2. Toucher les cheveux d’une personne sans demander

Les cheveux crépus ne sont pas une assiette de Tiep Bou dien où l’on envoie les mains comme bon nous semble pour « expérimenter » la texture laineuse (même une assiette de Tiep, ça se respecte bon sang!). Si tu ne vois pas le problème, demande-toi pourquoi dans le sens inverse, aucun·e noir·e ne demande jamais à toucher tes cheveux ou ne te fait jamais de remarques, ou réflexions en voyant tes cheveux (sauf s’ils sont vraiment secs). Ou encore, essaye d’imaginer que j’arrive et que je te passe la main aux fesses sans ton consentement (bon, si tu prends ça pour un appel de phare, ça marche pas…).

Mais surtout, cette attitude, en plus d’être extrêmement impolie, renvoie à une période sombre de l’histoire, celle des expositions universelles. A cette époque, des « échantillons » de peuples non-occidentaux était présentés dans des environnements reconstitués dans le but de satisfaire la quête d’exotisme du public qui affluait pour découvrir un « village Bantou » ou nourrir un « enfant pygmée » avec une banane. L’un des symboles de ces heures sombres est la sud-africaine Saartjie Baartman, surnommée la « Vénus Hottentote ». Un autre symbole, beaucoup moins connu du grand public, s’appelait Ota Benga. C’était un pygmée du Congo exposé de Zoo en Zoo et qui après des années de captivité, a mis fin à ses jours lorsqu’il a réalisé qu’il ne retournerait jamais dans son Congo natal.

3. « Mais vous les blacks (noir.e.s), vous êtes naturellement… »

…Noir·e·s. Naturellement noir·e·s. C’est tout. Tout le reste, que ce soit considéré comme un compliment/qualité ou non, c’est raciste.

4. Demander l’origine juste sur la base de la couleur de peau

Demander l’origine, le pays ou la région d’un accent non familier est un réflexe normal. En revanche, quand tu es né·e dans le 93 ou que tu es guadeloupéen·e et donc français·e depuis des générations, c’est irritant d’essuyer cette question juste sur la base de ta couleur de peau. Et ça se comprends: tu n’as pas fait la queue dans une ambassade de France et/ou des rendez-vous interminables à la préfecture pour devenir français·e mais tu dois systématiquement te prendre cette question depuis tout·e petit·e comme pour te rappeler que « tu n’es pas comme moi/nous, comment ça se fait? ».

5. Imiter « l’accent africain »

Le problème avec les accents c’est que lorsque c’est « italien », c’est « sexy », quand c’est britannique ou américain, c’est « mignon », quand c’est espagnol, c’est « calieeeeente ». Mais quand c’est malien, tunisien ou cambodgien, ça devient « blédard » et sujet à moquerie, certainement parce que ces pays et par conséquent leurs habitants seraient considérés comme « en développement » (?).  Ce « deux poids de mesure » est en fait très révélateur…Et puis bon, il n’y a rien de plus vexant et humiliant que de se retrouver face à une personne qui s’arrête à la forme de vos propos et qui fait abstraction du fond. Ca va 0,5 secondes (et c’est déjà trop). En plus, un sénégalais, un rwandais et un camerounais n’ont pas du tout le même accent.

6. « Aimer les noirs »

Il y a une différence entre avoir une préférence ou une attirance pour les noir·e·s comme on serait attiré par les blond·e·s,  ou brun·e·s ténébreux.ses et être attiré·e par les « blacks »/ « asiatiques » « parce que…*Voir le point 4*. Aimer les « blacks » pour ce qu’ils « seraient » est aussi problématique que ne pas les aimer pour la même raison! C’est même considéré à plusieurs égards comme du fétichisme!

Et si par le plus grand des hasards un jour, ton gosse se lève un matin en te disant qu’il ou elle aurait préféré être noir·e parce que c’est plus beau, fais-lui bien comprendre que la génétique, ce n’est pas comme chez le marchand de glaces et apprends-lui à s’aimer et s’accepter tel qu’il/elle est au lieu de t’en vanter à la prochaine fête des voisins. Fais-le, sérieux! Ca peut aller très loin sinon cette histoire. 

Retrouve Palabre sur Facebook

Chef de village. Camerounais d'origine. Danseur d'afrobeat & d'azonto dans sa chambre. Accro aux plantains frits et accessoirement gars du marketing digital. Un jour les Blédards domineront le monde!

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